Essai longue durée : 10000 km en Moustache Friday 26

Pour ce premier article vélo, c’est un essai du Moustache Friday 26, ou plutôt un retour d’expérience que je souhaite vous partager.

Moustache Bikes, des VAE français

Pour les personnes qui suivent un minimum l’actualité du vélo électrique, il n’est plus nécessaire de présenter Moustache Bikes. Pour les autres, je le fais rapidement : c’est une entreprise française créée en 2011 sur le créneau des VAE. Je ne suis pas forcément objectif, car j’apprécie cette marque mais ils ont su, selon moi, saisir ce créneau grandissant avec beaucoup d’intelligence, en proposant une gamme variée, du vélo de ville au VTT. La marque s’est clairement orientée vers des produits qu’on pourrait qualifier de premium, comme dans l’automobile : design travaillé, matériaux de qualité, équipements performants. Avec le prix qui va évidemment avec.

Le Moustache Friday 26

Pourquoi ce choix ?

Il s’agit du vélo que ma compagne a acheté fin 2015 à Paris. Son objectif était clair : arrêter de prendre le métro pour traverser Paris, du 13ème au 18ème arrondissement. La tendance du VAE était déjà en route ; en tant qu’amateur de vélo et de beau matériel, je me suis naturellement porté volontaire pour l’aider dans ses recherches. Après un rapide essai d’un Moustache Friday 26 dans l’un des magasins Ecox de la capitale, elle en est devenue l’heureuse propriétaire. Il n’y a, à vrai dire, pas eu beaucoup d’hésitation sur ce modèle tant il avait d’arguments en sa faveur :

  • son design et l’image de la marque Moustache
  • sa qualité perçue
  • son système Bosch
  • ses équipements (freins à disques hydrauliques, selle Brooks, …)

Le seul point un peu délicat était le prix : 2900€. La prime de la mairie de Paris de 400€ a permis de mieux faire passer la pilule. Vendu !

Bosch pédale, ou presque

Un système électrique Bosch Active Cruise positionné au niveau du pédalier équipe ce vélo. C’est la solution retenue, encore aujourd’hui, pour la très grande majorité des systèmes haut de gamme. Il s’agit d’un système dit « proportionnel » car il va appliquer une force proportionnelle à celle que vous appliquez avec vos jambes sur les pédales. Ce calcul se fait via trois capteurs : un qui mesure la vitesse du vélo, un autre mesure la cadence de pédalage, le dernier mesure la puissance fournie par le cycliste.

Le Drive Unit permet de sélectionner le mode d’assistance : off, éco, tour, sport et turbo. L’aide varie entre 40% pour le mode éco et 225% pour le mode turbo. C’est-à-dire que si vous appuyez avec une force de 100 sur les pédales, il en sortira en réalité à la chaine 140 en mode éco et 325 en mode turbo. L’écran vous donne de niveau d’assistance fourni en direct par le moteur, ainsi qu’un indicateur de changement de vitesses qui affiche s’il est temps de monter ou descendre une vitesse.

Il vous donne également une information précieuse sur le niveau de la batterie et le nombre de km restants. La batterie du Moustache Friday est de type lithium-ion, d’une tension de 36V et d’une capacité de 300 W.h. C’est un des points qui a fortement progressé ces dernières années car on retrouve aujourd’hui des batteries de capacité nettement plus élevée. Quoi qu’il en soit, l’autonomie du vélo était donnée entre 35 km (turbo et conditions difficiles) et 145 km (éco et conditions faciles).

Paris, du sud au nord

Ma compagne a utilisé son vélo tous les jours pour traverser Paris pour aller au travail et pour ses loisirs : entre 20 et 30 km par jour, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, qu’il fasse chaud ou froid. Ca représente donc tout de même plus de 400 km par mois. C’était plutôt ambitieux pour quelqu’un de sportif (elle appréciera) mais pas cycliste.

Elle s’y est très vite habituée : traverser la plus belle ville du monde à vélo, tous les jours, en passant par Bastille, le canal Saint-Martin, que demander de plus ? C’est un bon bol d’air, certes pollué, mais c’est toujours mieux que d’être entassés sous terre. Dans son cas, c’était un gain de temps, de l’exercice physique (malgré le fait que ce soit un vélo électrique, il faut pédaler, quoi qu’en disent les plus médisants) et sans trop de contrainte car en roulant en dessous de 25 km/h, il est possible d’arriver au travail sans trop transpirer et dégouliner. Evidemment, quelques équipements sont indispensables : casque, gants et cape de pluie pour les mauvais jours.

A l’époque, ce type de vélo était relativement rare et elle s’est fait arrêtée plusieurs fois dans la rue par des curieux. Suffisamment rare à Paris pour être signalé !

En tout cas, une fois habituée, il était impossible pour elle de faire marche arrière.

Aujourd’hui, nous avons quitté Paris et elle est obligée, à contre coeur, d’utiliser sa voiture pour aller au travail. On s’en plaint souvent dans les villes, mais en réalité, il est beaucoup plus difficile d’utiliser son vélo à la campagne en toute sécurité. Mais c’est un autre débat.

Elle utilise le Friday 26 nettement moins qu’avant, mais tout de même régulièrement pour les balades, ou pour transporter bébé, qui adore ça !

L’heure du bilan

Le vélo a aujourd’hui un peu plus de 4 ans et quasiment 10000 km. Malgré ça, il est en excellent état et fonctionne toujours parfaitement.

Un entretien nécessaire, mais limité

Comme tout vélo, le Moustache Friday nécessite un peu d’attention. Je me suis occupé de son entretien et j’ai sous-traité les opérations un peu plus délicates. De façon exhaustive, voici les opérations effectuées sur le vélo depuis son achat :

  • transmission (Shimano): changée une fois. Avec l’assistance électrique, la transmission est bien plus sollicitée qu’avec un vélo normal. Ce n’est donc pas du tout choquant. J’ai fait changer le plateau, la chaine et la cassette en même temps.
  • pneus (Schwalbe) : changés 1 fois car l’usure était trop importante. J’ai repris les mêmes, des Fat Frank pour garder le style 🙂 Une seule crevaison à noter, c’est du costaud.
  • pédales : les pédales avaient pris un peu de jeu et un petit claquement était apparu. Petit problème, grosse prise de tête car je pensais que le problème venait du moteur car il apparaissait à chaque tour de pédalier. Après un moment chez le vélociste à essayer de lui faire entendre le bruit, il a finalement réussi à l’identifier : ce n’était qu’une pédale !
  • freins (Shimano) : j’ai changé les plaquettes de frein 3 fois. C’est très rapide et ça ne coûte pas grand chose. J’ai fait purger les freins 1 fois.
  • moteur (Bosch) : à une période, le moteur se coupait parfois de façon inopinée. Il s’agissait à priori d’un bug du système Bosch. Le vélociste a réalisé une mise à jour et depuis, ce problème ne s’est jamais reproduit. Il n’y a eu aucune opération faite sur le moteur. Ca fait un peu penser au voyant qui s’allume sur le tableau de bord des voitures et qui disparait après avoir mis un coup de valise. Pas forcément ultra rassurant, mais tant que ça fonctionne, pas de souci !
  • béquille : elle fait un bruit assourdissant il faut que je la change

Vers les 20000 km ?

Le bilan est très positif et il n’y a aucun regret à avoir sur le choix de ce Moustache Friday. Je n’ai pas forcément vu beaucoup de retour d’expérience d’utilisateur de VAE, raison pour laquelle il me semblait intéressant de le partager ici. En résumé, il est tout à fait possible d’avoir une utilisation relativement intensive (pour des trajets vélotaf ou loisir j’entends) et de trouver du matériel fiable.

La batterie ne présente pas de signe de faiblesse, même s’il est certain que l’autonomie a diminué par rapport à l’origine. Je dirais -25% à la grosse mais il est difficile de le dire précisément car le vélo n’est plus utilisé du tout dans les mêmes conditions qu’avant. Pour les personnes qui recherchent à conserver de l’autonomie sur le long terme, c’est tout de même un point à prendre en compte car le prix des batteries en après-vente est très élevé (> 500€).

Les plus :

  • Sa fiabilité
  • Son agrément de pédalage
  • Ses équipements de qualité

Les moins :

  • Sa masse (21,4 kg tout de même) qui se fait notamment ressentir pour le manoeuvrer, le lever et le ranger par exemple.
  • Son confort. La position de conduite est agréable, la tige de selle suspendue est la bienvenue, mais une fourche télescopique à l’avant aurait été agréable car ça tabasse dès que la route devient un peu en mauvaise état.
  • Pas un reproche à proprement parler de ce vélo mais la limite de 25 km/h est frustrante. On l’atteint très rapidement, et avec la masse du vélo, il est difficile de l’emmener à des vitesses bien supérieures.

Et le Moustache Friday d’aujourd’hui ?

La gamme a évidemment fortement évolué depuis 2015. Notamment, le style vintage n’est plus de la partie mais le Friday est toujours présent dans la gamme, sous deux formes :

  • Le Friday 28 qui est présenté comme le vélo urbain et sportif, et épuré. Il ne pèse « que » 18,7 kg. Il est désormais équipé de grandes roues 700. Toujours en aluminium hydroformé, il est de plus équipé d’une fourche en carbone. Le guidon « moustache » a laissé place à un guidon Flexbar (de l’entreprise française Baramind) qui doit apporter un certain confort. Bosch s’occupe toujours du système électrique et la console peut désormais passer sur votre smartphone.
  • Le Friday 27 FS est celui que je préfère car il conserve un look agressif, et est un tout-suspendu (mais 25,5 kg !). Il est équipé de roues en 27,5″. Il y a même une version speed, pour aller jusqu’à 45 k/h. Le top !

De mon côté, je lorgne sur un Dimanche 29.5 Gravel mais je divague !

A bientôt pour de nouveaux articles, je vous parlerai prochainement de matériel VTT, à suivre !

2 commentaires

  1. Merci pour ce retour. Rares sont les commentaires sur ce vélo.
    Je lorgnais ce Friday 26 qui est, je trouve, de toute beauté. J’en ai trouvé un d’occasion pour 2000 euros acheté en 2018. Je ne sais pas trop si je dois choisir un vélo « achat coup de coeur » ou un vélo « achat de raison », soit neuf pour profiter d’une garantie.
    Toutefois, c’est un sacré budget. Je souhaite acheter un vélo français, donc pas trop de choix. O2FEEL (aime pas), SOLEX (galère pour les trouver), MOUSTACHE (beaucoup de revendeurs).
    J’avais craqué sur le xroad 3 mais 3200 euros, c’est plus cher que ma twingo 🙂
    Peut-être le samedi 28.2…

    • Merci pour votre commentaire. Ce n’est effectivement pas évident et il s’agit d’un investissement conséquent. Tout dépend de l’utilisation que vous allez en faire, si c’est vraiment pour une utilisation quotidienne ou si c’est pour le loisir de temps en temps. Côté occasion, il y a, je pense, de bonnes affaires à faire car des personnes achètent ce type de vélo, pour au final ne l’utiliser très peu. On voit qu’un vélo de ce type peut faire 10000 km sans trop de frais : je considère qu’à moins de 2000 km il est proche du neuf car il est relativement peu sollicité (ce n’est pas un VTT). Aujourd’hui je n’hésiterais pas à acheter un vélo d’occasion d’une grande marque de ce type. Après, si c’est votre moyen de déplacement principal et que vous prévoyez de faire beaucoup de km, ça vaut aussi le coup de se poser la question du neuf pour ne vraiment avoir aucun problème. Bref ce n’est pas facile !

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